Nous nous retrouvons à la fermeture. Il est tard, si tard que toutes les étoiles nous regardent baiser. J’ai presque le goût d’arrêter, comme dégoûté de moi-même, vulgaire machine. Mais elle demande. C’est elle après tout, c’est une fonctionnaire du sexe. Elle me raconte toute sorte d’histoires. Le soir, elle travaille à l’accueil d’une maison de spectacles érotique. Le jour, elle ose faire du théâtre. Entre les deux, elle rêve des hommes qui pourraient la raccompagner. Cette nuit, c’est moi. Je suis son jouet.
Demain, je décide de l’accompagner à l’école de théâtre.
J’y vis un monde qui m’était des plus familier. Décor noir et sans âme. Costumes colorés que l’on rajoute par-dessus des collants…noirs. On recouvre le vide de vie. Les femmes s’étirent, s’échauffent. Tout le monde danse, tout le monde chante, c’est troublant, c’est vivant… c’est comme une fête. Le numéro qu’ils préparent comprend des masques. Un homme au visage dégagé cherche la femme qu’il aime parmi cette multitude de femmes masquées. Il angoisse de désespoir devant l’incompatibilité des destins.
La professeure orchestrait tout : mouvement, réplique, chorégraphie, chanson. De loin, elle me paraissait belle… plus que toutes les autres cachées derrière un masque. Elle est comme une Reine qui déplace ses pions au travers d’un jeu invisible. Tout se joue, tout se fait.
Je m’approche pour tout voir. Mais c’est elle qui me voit. En m’apercevant, elle crie de stupeur. Pensant à un jeu, je ne réagis pas. Je la regarde partir, morte de peur. Je sais qui elle est, je sais tellement qui elle est que je ne peux pas le dire. Savoir ce qu’on ne sait pas vraiment, quelle frustration…
L’unique acteur masculin s’approche de moi, haineux. Il me crie des ordres.
- Qu’est-ce que tu lui as fait? … Va-t-en! … Bats-toi … Je veux te frapper … je veux exister… je suis perdu … aide-moi …
Je suis dans l’arrière-scène. Je lui explique mon incompréhension totale. Je lui qu’elle doit me confondre avec quelqu’un d’autre. Il me dit que cette fille est sa copine… mais qu’il me trouve incroyablement beau. Il se rapproche de moi en homme maintenant sensuel. Je n’avais jamais vu cela d’aussi proche. Je n’avais jamais ressenti cela.
- Est-ce vraiment ce que tu veux?
Il me dit doucement de me taire. Il descend vers mon pantalon en posant délicatement ses mains sur mes fesses.
- Ta copine… elle a vraiment eu très peur… je vais aller lui parler. Je suis désolé. Ce que tu veux pourrait te faire du mal. Écoute-toi : agis ensuite. Les hommes ne sont pas pour moi.
J’ai laissé l’homme souffrir bêtement dans son coin. Je suis allé à la recherche de sa femme. Je l’ai trouvé… elle s’était calmée. Mais elle avait toujours ce même regard d’épouvante. Je craignais pour son pauvre cœur… je la suppliais de ses détendre. Je ne comprenais toujours pas.
- Qui… qui es-tu, me dit-elle, sans que cela sonne comme une question.
- Je m’appelle Francis… Francis Perrault.
- Non… tu n’es pas Francis, tu es quelque chose d’autre.
- Vous me connaissez?
- Tu ne te souviens plus de moi?
- Je sais que je vous ai déjà vue.
- Vue!? Ha! rit-elle. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas toi! cri-t-elle en pleurant.
Je la pris dans mes bras d’un mal que je ne comprenais pas. Chacune de nos têtes était l’une sur l’autre. Nous nous parlions sans nous regarder.
- Pourquoi es-tu parti si bêtement? Tu m’as fait si mal…
- Je viens seulement d’arriver… il n’y a pas longtemps que je me suis réveillé.
- Je t’ai vu… je t’ai vu mourir… pourquoi… pourquoi…
- Comment suis-je mort?
- Tu as fait une chute de pression, tu t’es cogné la tête… tu étais trop fragile… Mais pourquoi! Pourquoi je te dis ça? Pourquoi tu es là?
- Je suis ici parce que tu l’as voulu… je suis un rêve qui obéit aux rêves.
- Fantôme…
- Fantôme de toutes les perversions. Comme la tienne est douce à accomplir…
- Ça fait tant d’années. Nous étions si amoureux… s'il te plaît… reste.
- Je ne peux pas… tu devras rêver de quelqu’un d’autre.
- Même si c’est toi que j’ai toujours aimé?
- Oui… je ne suis qu’un fantôme perverti. Je suis un fantasme. C’est si intense qu’on ne peut le vivre qu’une seule fois. Après, tu en mourrais. Tu viens de vivre l’ultime fantasmagorie. Je suis revenu du point de départ… maintenant… ma vie est terminée.
Nous savons… nous acceptons qui je suis.
Je lui dis adieu du haut des cieux.
Je me vois, couché sur le dos, mon âme au repos.
Et j’envoie en l’air tout l’univers.
Que la vie est belle vue du ciel.
samedi, septembre 15, 2007
samedi, septembre 08, 2007
WTF!
Ce blog est plus mort que mort!!
anyways c'est ma fete le 22!!!!! je vais avoir 19!!! et je suis la derniere de la gang a avoir mes 19!!
anyways, bonne semaine!
MaKi!
anyways c'est ma fete le 22!!!!! je vais avoir 19!!! et je suis la derniere de la gang a avoir mes 19!!
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